Abstract.- To show the uneven distribution of cities on space, multiple processes exist. Among these, the comparison of the constructions of an urban distribution and a distribution according to the theoretical model of W. Christaller (1933) clearly emphasizes the heterogeneity of the distribution of the French Mediterranean towns and its distance to the model.
Keywords.- Urban networks, model of Christaller, cities, urban distribution and hierarchies, French Mediterranean bow
Résumé.- Afin de montrer linégale répartition des villes sur un espace, il existe de nombreux procédés. Parmi ceux-ci, la comparaison des constructions dune distribution urbaine et dune distribution selon le modèle théorique de W. Christaller (1933) montre, de manière efficace et simple, la répartition hétérogène des villes des régions françaises méditerranéennes, et les écarts à une certaine uniformité.
Mots Clés.- Réseaux urbains, modèle de Christaller, villes, distribution et hiérarchies urbaines, arc méditerranéen français
Dans le développement qui suit, il est proposé au lecteur les techniques de construction des distributions théoriques selon le modèle de W. Christaller, sur lespace correspondant à larc méditerranéen français, après un bref rappel de la théorie des lieux centraux. Ceci permettra à des chercheurs ou à des étudiants de pouvoir réutiliser ces techniques simples sur un espace, de comparer différentes distributions urbaines, ceci afin dintroduire, par exemple, une étude des processus qui régissent un système de villes.
1. LA THÉORIE DES PLACES CENTRALES: LE MODÈLE DE CHRISTALLER
Pour une aide à laménagement du territoire, et à une organisation de lespace plus efficace, se développent de nombreuses études de systèmes de villes. Dès le XIXe siècle, J. Reynaud (cité par M.-C. Robic, 1995) a mis en évidence les relations que les villes pouvaient avoir entres elles et a montré quil existait différents types de systèmes de villes. Ce nest pourtant quun siècle plus tard quil sera admis par tous que le développement dune ville dépend pour beaucoup de sa position géographique, économique, sociale dans un système de villes (Berry, 1967).
1.1. La géométrie du modèle
Il faut attendre les années 1930 pour voir lapparition dune théorie nouvelle portant sur la hiérarchie urbaine et les réseaux urbains, proposée par W. Christaller (1933). Intégrée plus tard dans les théories économiques par Lösch, cette théorie inductive et générale, exprimée à partir de létude des villes de lAllemagne du Sud, explique la taille, le nombre et, surtout, la distribution des villes. En effet, partant du fait quun bien est offert à partir dun lieu central, la zone de desserte de ce lieu représente donc un cercle (égal à laire de chalandise). Cependant lon saperçoit très vite que cette représentation nest pas la plus adéquate puisquil existe des zones vides qui ne peuvent être desservies (fig. 1). Pour couvrir lensemble de lespace, il décide demboîter ces cercles avec laide dhexagones (fig. 2).
1.2. La hiérarchie christallérienne
Les places centrales sont organisées selon un cadre hexagonal. Une hiérarchie sinstalle selon les niveaux de services offerts. Une place centrale (A), de rang 1 (le plus haut), possédant une grande quantité de biens et de services, offrira à des places centrales (B) de moindre importance situées à une distance d, de rang 2, ces biens et services. Ces villes «satellites» (B), de la même manière, offriront leurs services et biens avec des portées plus faibles, à des places centrales encore moins importantes (C), situées à une distance d/(3)0,5. Et ainsi de suite (fig. 3). Il sétablit une véritable hiérarchie urbaine (la distance, de par la géométrie hexagonale, suit une progression (3)
Il reste à déterminer, le nombre de ces villes «satellites» dépendant dune place centrale (appelé rapport k). Bien évidemment, plusieurs systèmes existent:
Quelques modifications ou compléments ont été apportés au modèle de Christaller, sans toutefois nier la puissance de ses travaux. Pour Lösch, se basant surtout sur létude de marché, lexistence des niveaux de villes peut être démontrée dans le cadre de la théorie néo-classique de léquilibre général, si ce nest, que le rapport du nombre de villes entre les différents niveaux peut être variable. La théorie générale de W. Christaller reste à la base dune répartition des systèmes de peuplement fondée sur loffre et la demande de services.
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Figure 1. - Aire de chalandise circulaire
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Figure 2. - Aire de chalandise circulaire hexagonale
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Figure 3. - La hiérarchie hexagonale des villes selon Christaller |
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Figures 4, 5 et 6. - Les différents nombres de villes satellites desservies par une place centrale dans le modèle Christaller
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2. LANALYSE COMPARATIVE APPLIQUÉE À LARC MÉDITERRANÉEN FRANÇAIS
Christine Voiron (1995) a comparé la distribution réelle des villes du Languedoc avec un modèle géographique, celui de W. Christaller. Nous avons choisi délargir le champ détude à une région plus importante: le bassin médi-terranéen français comprenant les régions Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte dAzur et Corse. Nous allons tenter de montrer comment cette théorie générale des années 1930, permet de faire apparaître linégale répartition des villes, ainsi que les conséquences économiques de cette répartition, tout en soulignant les causes des différences entre le modèle et la réalité. Nous utiliserons le cas de la figure 4 où une ville satellite peut être desservie par trois places centrales, ce que Christaller appelle la «primauté du fait commercial», en supposant que lon se place dans une logique de marché où les trajets entre places centrales et villes satellites sont les plus courts possibles.
2.1. Construction de la grille théorique
La tâche la plus délicate consiste à mettre en place le maillage théorique, qui sert de base à la comparaison. Pour cela, il existe plusieurs possibilités, selon lusage que lon en fait, comme le propose Christine Voiron, mais nous utiliserons une méthode «nouvelle» qui utilise plusieurs de ses propositions. Il est nécessaire de maîtriser les différents éléments qui servent à la construction du maillage théorique: la distance moyenne séparant deux villes, le nombre de niveaux dans la hiérarchie christallérienne et le positionnement de la grande ville (celle dont le poids démographique est le plus important).
La distance moyenne séparant deux villes de la région détude a été calculée à partir du nombre réel de villes réparties de manière totalement homogène sur toute la surface régionale: cela se traduit par la formule mathématique suivante: d moyenne = 1,076 x (S/n)0,5 (S = surface de la région, n = nombre de villes). Cette distance moyenne, calculée à partir de la trame urbaine observée, sera la distance qui sépare une ville de ses six villes voisines dans la trame théorique (une ville, dans la hiérarchie hexagonale, a forcément six villes voisines à égale distance). Dans sa méthode de construction, Christine Voiron a fait un autre choix, celui dune distance de 14 km correspondant à la distance moyenne nationale qui sépare deux chefs-lieux de cantons contigus.
La localisation de la plus grande ville (qui est à la base de la construction graphique de notre maillage théorique) est la même pour les deux maillages (le maillage théorique selon Christaller et le maillage urbain observé); cela dit dautres possibilités existent comme celle de positionner la plus grande ville au centre de la surface dans le modèle théorique.
Le nombre de niveaux est directement dépendant de la distance moyenne et de la localisation de la plus grande ville. Ce nombre est déterminé graphiquement comme nous lexpliquons dans la partie suivante.
2.2. La construction du modèle de Christaller à partir de la trame méditerranéenne
Cette construction se décompose en trois étapes.
2.2.1. Le calcul de la distance moyenne
Nous avons défini larc méditerranéen français comme étant composé des régions administratives Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte dAzur et Corse. Les villes, ou agglomérations (Cattan et al., 1992), de cet arc qui font lobjet de notre étude sont toutes celles dont les populations sont supérieures à 10 000 habitants (source: Moriconi-Ebrard, 1993). La distance moyenne à vol doiseau séparant deux villes de plus de 10 000 habitants est égale à 37,4 km.
2.2.2. La localisation de la plus grande ville
Ayant obtenu la distance moyenne par un calcul simple, nous connaissons donc la distance qui va séparer toute ville centrale de ses villes satellites (de rang inférieur). La répartition des villes dans notre modèle théorique doit se faire, pour notre méthode de construction, à partir de la ville de plus haut rang (plus grande ville). Dans notre cas, le niveau de services et de biens qui peuvent être fournis est très étroitement lié au poids démographique des villes. On trouve ainsi dans cet espace Marseille comme ville de plus haut rang, puis des villes comme Toulon ou Nice à un niveau inférieur, etc.
Nous avons alors défini lorigine du maillage théorique, comme étant la ville de Marseille localisée à sa véritable position géographique. À partir de cette ville, la hiérarchie christallérienne se met en place avec laide de la distance moyenne et de sa progression (3)0,5 entre les villes de différents niveaux: entre la ville de rang 1, (Marseille) et ses six villes satellites (de plus petit rang) il y a 37,4 km; entre Marseille et ses six villes satellites davant-dernier rang il y a 64,8 km; entre Marseille et ses six villes satellites de rang antépénultième il y a une distance de 112,2 km, etc.
2.2.3. Le nombre de niveaux de villes
Il existe plusieurs possibilités de construction de classes (ou de niveaux). Nous avons opté pour la réalisation de notre maillage théorique de centrer celui-ci sur Marseille. Cette première condition fait que lagglomération marseillaise représente notre premier niveau. Une deuxième condition nécessaire (car nous en avons décidé ainsi) est quil existe deux villes de niveau 2. Ces deux conditions ont été posées par rapport aux faits réels: en effet dans cet arc méditerranéen, Marseille est sans conteste «la place centrale» de par ses fonctions, et les villes de Nice et de Toulon ont des fonctions similaires importantes mais à un degré inférieur. Ces deux conditions posées, on superpose le contour méditerranéen et lemboîtement des hexagones en faisant attention à mettre les deux à la même échelle (lemboîtement se fait avec des hexagones de «rayon» 37,4 km). Ensuite on applique nos deux conditions: dune part Marseille doit se situer à sa position réelle; dautre part, par un jeu de rotation autour de Marseille, on fait en sorte quil existe seulement deux villes de niveau inférieur dans le contour. Ayant réalisé ceci, on saperçoit quil nexiste quune seule possibilité de nombre de niveaux: cinq.
Puisquil existe cinq niveaux de villes théoriques, il est nécessaire, pour pouvoir établir une comparaison, de créer cinq niveaux de villes pour la trame urbaine observée. Nous avons construit ces cinq niveaux en essayant de conserver les réalités des différentes fonctions que possèdent les villes de larc méditerranéen français.
2.3. Comparaison des distributions observée et théorique
Christine Voiron détaille dans son livre différents types danalyses possibles par cette construction. Nous avons voulu présenter une analyse générale, globale, sans détailler les techniques danalyses des écarts au modèle, pour des lecteurs ne maîtrisant pas tous les outils mathématiques.
Le nombre total de villes du modèle théorique est inférieur à celui de la distribution observée (tableau 1). On notera toutefois quil nexiste pas décart pour les deux premiers niveaux (évidemment, puisque ce sont nos conditions), que lécart pour les villes de rang 5 (de niveau 5), qui est de 1, est très faible, et une sur-représentation du niveau 3 dans le modèle théorique. Dans lensemble, par rapport au nombre de villes, le modèle théorique nest pas si éloigné de la trame observée. Il existe toute de même une différence qui présage des couvertures spatiales différentes. Les deux cartes mises en parallèle (figures 7 et 8) montrent nettement cette différence. Plus que le nombre de villes des deux trames, cest la répartition spatiale qui est, en fait, très différente.
Les villes de rang 2, Toulon et Nice, se situent aux antipodes de leur localisa-tion réelle (figure 7). Elles se situeraient, respectivement, aux positions approxima-tives réelles de Perpignan et Mende. Une ville comme Nice (ville de rang 2; plus de 400 000 hab.) en Lozère serait sans aucun doute une garantie dindépendance vis-à-vis des villes des départements voisins, mais nest pas concevable au vu des densités faibles.
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nombre de villes
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trame observée de larc méditerranéen
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trame de larc méditerranéen selon le modèle de Christaller
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| rang 1 |
1
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1
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| rang 2 |
2
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2
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| rang 3 |
5
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3
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| rang 4 |
17
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12
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| rang 5 |
32
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33
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Total
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57
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51
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Figure 7.- Les villes de larc méditerranéen français disposées selon une trame théorique de Christaller à cinq niveaux. |
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Figure 8.- Les villes de larc méditerranéen français selon cinq niveaux. |
Autre fait montré par le modèle, cest la présence fictive dune ville de rang 3 (plus de 100 000 hab.) en Corse; cette absence vient du fait que lon a compté la distance maritime comme une distance terrestre. En réalité cette hypothétique ville se situerait plus loin, si lon prend en compte le frein que représente le franchissement maritime. Dans la trame observée, la Corse ne possède pas une réelle organisation insulaire: les tailles (les fonctions) des villes comme Bastia et Ajaccio ne seraient-elles pas suffisantes pour permettre cette organisation ?
On constate quil existe un resserrement des villes autour de Marseille (fig. 8) et le long du delta du Rhône; on note un nombre de villes bien plus important autour de cette ville que le modèle ne le prévoirait et à linverse des densités trop faibles dans les environs de Nice ou de Toulon. En fait, le modèle ne prend en compte ni la péri urbanisation, ni la forte concentration littorale sur la Côte dAzur.
2.4. Les raisons de la répartition hétérogène des villes méditerranéennes.
On retrouve dans les constatations ci-dessus, le fait que le développement urbain est favorisé par la présence daxes de circulation, quils soient «naturels» comme le Rhône, ou non comme les axes routiers et autoroutiers.
La région méditerranéenne française est sans aucun doute la région méditerranéenne où les formes de relief sont les plus différenciées. Ces différentes formes de relief ont des conséquences directes sur la répartition des villes. Ce nest pas un «hasard» si les villes de plus de 10 000 habitants sont localisées à des distances restreintes du littoral (figure 8).
Les montagnes (Alpes, Pyrénées, Massif central et quasi-totalité de la Corse), très proches du littoral, voire baignant dans la mer (sur la Riviera niçoise, corniches et baie des Anges, ou sur la côte de lEstérel avec des falaises tombant à pic dans la mer), sont des lieux difficiles avec un climat «froid» (hivers rigoureux). Les infra-structures deviennent alors difficiles à mettre en place et la croissance urbaine est rendue impossible par les obstacles naturels. La croissance dune ville située dans une vallée, entourée de versants abrupts ou non, se fait le long de la vallée, comme celle du Rhône.
Autre forme de milieu «naturel», lintérieur du delta du Rhône est une zone marécageuse où les villes sont par conséquent peu présentes; il couvre 85 000 ha.
Outre la présence de ces reliefs, des lois de protection de lenvironnement empêchent le développement urbain. Ces lois ont favorisé la création de parcs: régionaux «dans des territoires habités mais fragiles au patrimoine naturel et culturel intéressants» (ex. le parc régional de la Camargue créé en 1970) ou nationaux de protection du milieu naturel (ex. le parc national des Cévennes créé en 1970 ou le parc national des Écrins en 1973).
Le développement urbain est aussi limité en raison de lacquisition de terrains sur le littoral, par le Conservatoire du littoral et des rivages lacustres (établissement public à caractère administratif créé en 1975, qui mène une politique foncière de sauvegarde des paysages maritimes et lacustres).
3. CONCLUSION
Ce sont ainsi à la fois des raisons «naturelles» mais aussi de politiques daménagement qui engendrent une répartition inégale des villes sur le territoire méditerranéen français. Bien évidemment, il existe dautres facteurs qui agissent sur cette répartition, à des degrés divers. Selon lutilisation de cette comparaison, on pourrait introduire, par exemple, les facteurs économiques, sociologiques ; lessentiel nest pas dénumérer tous ces facteurs, mais, dans cette analyse comparative, davoir pu faire ressortir les écarts dun dispositif urbain à celui du modèle de Christaller. En quelque sorte, ceci permet de mesurer les effets de ces facteurs sur la transformation du système de peuplement, et de mettre en évidence ceux qui paraissent le plus influencer la construction du système de peuplement tel quil se présente, toutes choses égales quant aux effets des facteurs généraux de la constitution des villes et des systèmes de villes.
Nous aurions pu utiliser une méthode différente pour la construction de notre maillage théorique (dautres facteurs qualitatifs pour le choix des différents niveaux), prendre un autre découpage de larc méditerranéen. En effet, de nombreuses hétérogénéités sont très certainement dues aux limites de notre espace détude (effets de barrières des littoraux), etc., lessentiel étant pour nous de déterminer les raisons qui font que le modèle nest pas conforme à la réalité de larc méditerranéen.
Lexistence de hiérarchies urbaines est une évidence, mais lorganisation spatiale est difficile à maîtriser dans tous ces aspects. La mise en évidence de facteurs daxes, par exemple, peut mener à préciser leurs rôles, leurs formes, et à les intégrer dans le modèle de Christaller. Ceci permettrait par la suite de mettre en relief dautres «anomalies» pour lesquelles on procéderait de la même manière et ainsi de suite.
Notre démonstration présentée ici nest quau début de cette tâche, mais montre, nous lespérons, toutes les aventures prometteuses de cette démarche. Le modèle de Christaller a encore une longue vie devant lui, si on sait y intégrer les éléments devenus essentiels à lorganisation de lespace et de ses réseaux.
BIBLIOGRAPHIE
BERRY B.J.L., 1967. Geography of market centers and retail distribution, Englewood Cliffs: Prentice Hall (trad. fr. de B. Marchand, 1971, Géographie des marchés et du commerce de détail. Paris: Colin).
CATTAN N., PUMAIN D., ROZENBLAT C., SAINT-JULIEN Th., 1992. The Statistical Concept of the Town in Europe. Duisburg: NUREC, 80 p. (report for EUROSTAT).
CHRISTALLER W., 1933. Die zentralen Orte in Süddeutschland. Iena: G. Fischer (trad. ang. partielle par Ch.W. Baskin, 1966, Central Places in Southern Germany. Englewood Cliffs: Prentice Hall).
HAGGETT P., 1968. Locational analysis in human geography. Londres: Arnold, 4e éd. (trad. fr. de H. Fréchou, 1973, LAnalyse spatiale en géographie humaine. Paris: Colin).
KADDOURI L., 1997. Les Réseaux urbains régionaux et lorganisation régionale en Europe. Montpellier: Université Paul Valéry Montpellier III, mémoire de maîtrise (dir. Céline Rozenblat), 90 p.
MORICONI-EBRARD F., 1993. Géopolis. Paris: Anthropos, coll. «Villes».
REYNAUD J. in Marie-Claire ROBIC in Encyclopédie de la Géographie, 1995, sous la dir. de A. BAILLY, R. FERRAS, D. PUMAIN, Paris, Economica, p. 624-625, 2e éd.
VOIRON Chr., 1995. Analyse spatiale et analyse dimages. Montpellier, GIP RECLUS, coll. «Espaces Modes dEmploi».
Quelques références bibliographiques de W. Christaller:
CHRISTALLER W., 1941. "Raumtheorie und Raumordnung", Archiv für Wirtschaftsplanung. vol. I, p. 116-35.
CHRISTALLER W., 1955. "Beiträge zu einer Geographie des Fremdenverkehrs", Erdkunde, 9, p. 1-19.
CHRISTALLER W., 1962. "Die Hierarchie der Städte", Proceedings of the IGU Symposium in Urban Geography, Lund, 1960. (Knut Norborg, ed.), Lund Studies in Geography, Ser. B, Human Geography, n° 24, p. 3-11.
CHRISTALLER W., 1964. "Some Considerations of Tourism Location in Europe", Papers, Regional Science Association, vol. 12, p. 95-105.
CHRISTALLER W., 1972. "How I discovered the Theory of Central Places: A Report about the Origin of Central Places", in P.W. & R.C. Mayfield, eds., Man Space and Environment, Oxford Univ. Press, p. 601-610.
Quelques lectures sur la théorie des places centrales et sur Walter Christaller:
BERRY B.J.L. & CHAUNCY D.H., 1970. "Walter Christaller: An Appreciation", Geographical Review, LX (1), p. 116-9.
BUNGE W. Theoretical Geography, 2nd edition, 1 st. 1962 (Lund Studies in Geography) [dedicated to Walter Christaller].
PRESTON R.E., 1983. "The Dynamic Component of Christallers Central Place Theory and the Theme of Change in his Research", Canadian Geographer, vol. 27, p. 4-16.
PRESTON R.E., 1985. "Christallers Neglected Contribution to the Study of the Evolution of Central Places", Progress in Human Geography, vol. 9, p. 177-193.
VON BÖVENTER E., 1969. "Walter Christallers Central Places and Peripheral Areas: The Central Place Theory in Retrospect", Journal of Regional Science, vol. 9, p. 117-124.
Pour en savoir plus sur la théorie des places centrales et les hiérarchies urbaines grâce à internet:
Sites du professeur Krumme de luniversité Washington, à Seattle, contenant en autres une bibliographie très complète, ainsi que de nombreux liens vers dautres sites:
Page contenant un rappel de la théorie des places centrales ainsi que des liens vers dautres pages concernant cette même théorie:
1. Doctorant à lUniversité Paul Valéry Montpellier III, UMR 6012 ESPACE-GEMS, Maison de la Géographie 17, rue de lAbbé de lÉpée, 34090 Montpellier. E-mail: kaddouri@mgm.fr. Mes sincères remerciements à Céline Rozenblat, maître de conférence à luniversité Paul Valéry Montpellier III, pour ses relectures, ses avis et ses corrections.