Université Paul Valéry- Montpellier III
GEMS- UMR 5651 ESPACE (Dea -Organisation de l’espace)

 

Le Séminaire multidisciplinaire de IIIe cycle

 

« Socio-économie du Multimédia et d’Internet » SEMI

 

organisé par

H
enry Bakis [1]
&
Jacques Arlandis [2]

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Un séminaire sur les télécommunications et les territoires a été lancé l’an dernier à l’université Paul-Valéry [3]. Il avait semblé utile de demander alors une implication directe de la direction de l’IDATE, cet institut de recherche sur la communication dont les « Journées Internationales » sont depuis une vingtaine d’années un carrefour mondial pour les responsables économiques et industriels du secteur de la communication.

Il a semblé utile d’élargir le thème du nouveau séminaire et de l’inscrire dans une perspective multidisciplinaire, d’où le nouveau titre retenu. Ce séminaire de IIIe cycle s’inscrit dans l’évolution annoncée des études doctorales. Il est destiné aux étudiants et tout principalement aux doctorants, quelle que soit la spécialisation qu’ils auront choisie, afin d’être mieux informés sur ce domaine dont l’intérêt va croissant et auquel chacun est confronté.

La convergence des technologies de l’information et de la Communication, domaine du Multimédia et de l'Internet, est annoncée depuis plus de quinze ans (rapport Nora-Minc par exemple. Elle est associé aux « concepts » de société de l’information, d’économie globale et de cyberespace. Ces notions sont encapsulées dans une vision assez similaire du futur de nos sociétés, tirée par la technologie (vision développée dans le rapport Théry), une vision plus sociologique (paradigme à la Mac Luhan), et une vision économiciste avec une certaine dimension spatiale (cyberespace et mondialisation).
Ce séminaire pluridisciplinaire n’a pas pour vocation d’aborder la communication comme une science en soi. Il est au contraire conçu comme un carrefour entre différentes disciplines (géographie, sciences de l'information et de la communication, urbanisme, aménagement, sociologie, histoire, économie, sciences politiques, économie, AES, disciplines littéraires, etc.). Il aura le souci de rester ouvert à tous les courants de la recherche et veillera à faire intervenir régulièrement des chercheurs étrangers, européen notamment.

 

Principales problématiques

Ce Séminaire abordera notamment les problématiques suivantes:

La problématique des mutations spatiales. Le développement des réseaux de la communication électronique et des capacités de traitement de l’information n’est pas sans conséquences sur l’organisation de l’espace et le jeu des acteurs à l’ère du « géocyberespace ». L’objet porte sur les dynamiques, les mutations et les recompositions en cours. Le changement est permanent, l’équilibre est une notion dynamique, la transition est un processus continu. De nouvelles constructions et différenciation spatiales et territoriales émergent à différents niveaux (du local au global). On partira du principe que le mouvement est impulsé par des acteurs qui adoptent des stratégies (innovations sociales, techniques et culturelles). Les acteurs exercent des actions, s’articulent en réseaux et subissent des interactions. L’espace géographique dans ses différentes échelles est au bout de ce processus, du géoespace au cyberespace. Depuis les années soixante/soixante-dix, l'idée que les sociétés développées entrent dans une période de transition commence à prendre de l'importance dans les débats scientifiques, notamment aux Etats-Unis (Porat, Toffler, MIT Cambridge Mass., Stanford Californie). La communication, présentée comme un vecteur majeur de la «révolution postindustrielle» intéresse des sociologues, des linguistes, des psychosociologues, des philosophes, des politologues... Au centre de ces questions: l'espace public, l'espace social, l'espace culturel, l'espace domestique, l'espace mental et psychologique... Les géographes ont un peu de mal à suivre, comme si la question de la communication à distance venait brouiller les modèles d'analyse. L'impact de cette communication à distance sur les processus cognitifs relatifs aux questions des distances et espaces posait des problèmes difficiles à résoudre d'un point de vue à la fois théorique et méthodologique.

La problématique du changement économique, qui place la question des réseaux de l’échange devant celle de l’organisation de la production. C’est un changement de perspective qui montre le chemin parcouru en quelques décennies: diffusion d’ordinateurs des grandes entreprises et administrations, jusque dans les PME et domiciles particulier; formidable accélération provoquée par le déploiement des systèmes télématiques et de l'Internet. Il sera utile d’aborder la question de l’histoire de la diffusion des techniques dans la société. Aujourd’hui, l’accès aux réseaux, la rapidité et la pertinence des réactions deviennent des avantages déterminants dans le cadre de la compétition économique et de la recherche d’avantages concurrentiels. On n’ignorera donc pas la problématique de la croissance économique, d’une croissance nécessairement endogène, c’est à dire sensible aux politiques qui savent s’appuyer, au delà des facteurs classiques de capital et de travail, sur un concept de technologie élargi qui sache tenir compte de l’accès aux ressources immatérielles.

Les problématiques du changement et du pouvoir économiques et politiques. Les changements en cours impliquent déjà une évolution radicale dans la façon de poser et de pratiquer le pouvoir dans un monde qui bascule - peut-être plus vite que prévu - dans « la réalité virtuelle ». Les politiques publiques, nationales et européennes. L’essor et l’usage croissant des Technologies de l’Information et de la Communication impliquent des enjeux de sociétés, des enjeux territoriaux, et sollicitent donc très directement les politiques et les responsables publics. Ces politiques publiques montrent actuellement leurs limites, poussées qu’elles sont à se retrancher sur le pré carré de la réglementation, stratégie provisoire, renvoyant à la nécessaire redéfinition de la notion de puissance publique (que devient l’échelle nationale à l’heure où les réalités locales peuvent retrouver d’autres acteurs locaux ou globaux grâce aux réseaux de la communication électronique?). Déréglementation et adaptation juridique: il conviendra de ne pas ignorer certains aspects relevant de l’instrumentation réglementaire et juridique des politiques nationales et européennes dans l’ordre du multimédia. On note à quel point, malgré un arsenal déjà conséquent de textes à sa disposition, les législateurs et le régulateur européen se trouvent aujourd’hui à la croisée des chemins dans le choix même d’un style de régulation, face à la complexité croissante des problèmes que pose l’émergence du Multimédia. Les stratégies industrielles, sont le lieu où s’élaborent (avec la lisibilité limitée que connaît naturellement l’acteur - entreprise, fut-il Bertelsman, Canal+, Microsoft ou AT&T), des politiques d’innovation, de conquête de marchés, d’alliances. Ces politiques peuvent à tout moment infléchir plus ou moins nettement le cours de l’histoire de nos sociétés, tant il est vrai que ces groupes ont acquis une puissance normative indéniable.

La problématique du changement social et du positionnement des divers acteurs sociaux face à la nouvelle donne communicationnelle. La problématique du changement social et du positionnement des divers acteurs sociaux face à la nouvelle donne communicationnelle.

La problématique des incidences sur la culture et l’éducation: création littéraire et artistique à l’heure du multimédia; usages des technologies nouvelles dans les différents champs du savoir.

Ces problématiques commencent à changer la donne en profondeur. Elles ne seront pas sans implications épistémologiques pour l’ensemble des disciplines concernées.

Il est donc intéressant d’en débattre et d’instruire les thématiques correspondantes à partir d’un débat avec des conférenciers venus d’horizons variés (d’une part des universitaires ayant des formations différente et, d’autre part, des acteurs économiques ou sociaux engagés dans l’action) et à partir aussi, de la dimension contingente du déploiement du Multimédia.

 

 

« Société de l'information Quelles perspectives crédibles ? »

12 janvier 1999 - Conférence de Jacques Arlandis (IDATE)

La première conférence de ce cycle vise à engager le débat sur l'approche pluridisciplinaire nécessaire aux recherches sur la Société de l'information. Depuis quelques années le thème de la Société de l'information est devenu un thème d'intérêt politique, économique et social. Internet a donné un coup de fouet à une évolution qui nous touche tous comme professionnel, citoyen, ou consommateur.Comprendre le présent nécessite parfois de se projeter et de visiter les scénarios possibles et crédibles du futur.C'est à cet exercice de prospective auquel s'attaquera la conférence donnée par Jacques Arlandis, économiste et sociologue, directeur scientifique de l'IDATE (Institut des Télécommunications et de l'Audiovisuel en Europe), expert auprès des Nations Unies et de la Commission Européenne.

Il abordera son sujet avec deux problématiques en tête:

L’analyse du problème de la convergence des technologies numériques d’un point de vue interne au système de la communication, posant le problème des logiques économiques qui en sous tendent le développement.

La mise en perspective de l’impact social du Multimédia et de l'Internet. La question d’une quelconque actualité du mythe prométhéen est posée. Le doute est la méthode permettant de préciser les lignes de fuite d’une société d’information où finalement les enjeux culturels ont rattrapé les enjeux économiques apparemment dominants.

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NOTES

[1] Professeur, Université Paul-Valéry - Montpellier III. Président de la commission « Réseaux » de l’UGI (Union Géographie Internationale). Directeur de la Revue NETCOM ‘Networks and Communication Studies’. E-Mail: bakis@bred.univ-montp3.fr< WEB : NETCOM URL: http://alor.univ-montp3.fr/netcom_labs/ ; DEA URL: http://serinf1.univ-montp3.fr/OE.EST

[2] Directeur scientifique de l'IDATE , (Institut des Télécommunications et de l'Audiovisuel en Europe)., Expert auprès des Nations Unies et de la Commission Européenne. E-Mail: j.arlandis@idate.fr

[3] La séance publique du 21 janvier 1998 organisée par H. Bakis, a été l’occasion de conférences dont les thématiques étaient centrées sur le territoire et sur les profondes évolutions en cours dans le secteur des télécommunications: interventions de Yves Gassot et d’Alain Veyret, respectivement Directeur de l'IDATE et chef de département à l'IDATE; de Annie Cheneau Locquay (CNRS UMR REGARDS) et Loïc Grasland (Univ. Avignon).

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